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Dortoirs | Et dire que c'est mon amour pour toi qui m'a perdu. || Solo
Kenneth McOwen
Libre :







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I'm the ghost of your past.


Je ne pense pas que parler soit une solution.


Qu'est ce qui m'a mis dans cet état ?


L'amour, évidement.


I've turned into a monster.


Scared ? Oh, you should not.


I'm nice with children...


When they are dead.

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« Ma philosophie c’est d’ignorer le problème jusqu’à ce que j’en sois complètement débarrassé. »


« Pourquoi tu ne souris plus ? Quelqu’un pourrait tomber amoureux de ton sourire ! »


« On appelle ça le chagrin, je pense qu’il y a 2 milliards de chansons écrites sur le sujet. »
Messages : 60
Poufsouffle
Je ne suis plus que l'ombre de moi-même. De jours en jours, je sens ma tristesse s’affaiblir pour laisser place à une sombre colère. J'erre et survis sans savoir pourquoi je le fais. Je ne sais quelle force m'anime encore, à part celle peut-être du désespoir. Abigail ne m'adresse plus la parole. Il peut paraître étrange de ne plus adresser la parole à quelqu'un dont vous étiez presque complémentaire. Et pourtant, c'est la vérité. Abigail me considère comme un étranger. Quelqu'un à qui elle n'a rien à dire, quelqu'un à qui elle n'a pas à s'abaisser pour parler. Quelqu'un d'inutile qui aurait prit une place tout aussi inutile dans sa vie. Je vis maintenant sans un mot de sa part, sans une attention, sans même un regard. Je suis voué à être ignoré de la personne qui m'était la plus chère à mes yeux. Je l'aime. Mais je m'en suis rendu compte trop tard. Il aura fallut attendre qu'une dispute éclate et que je la vois s'éloigner pour que je réalise cela. Trop tard. Elle était déjà loin.

Mes amis me voient changer de jours en jours et m'en font part, et ce malgré le fait que je ne daigne les écouter. Je m'enferme le plus souvent possible dans un endroit désert. Je supporte de moins en moins la compagnie de ceux qui se disent mes amis. En réalité, il n'en est rien. Comment pourriez-vous considérer comme amis des personnes qui au lieu de vous remonter le moral, ne vous font que penser à la chose de votre malheur ? Je m'isole, prétextant maux de crânes, envie de réfléchir, ou de prendre l'aire... Dans de vieilles salles inutilisées puant la moisissure à plein nez. Je ne prends même plus la peine de remonter à balai et d'aller voler jusqu'à me faire saigner le nez. Cela me rappelle trop lorsque Abigail et moi enfourchions notre balai pour voler rien qu'à deux sous les étoiles.

Les jours passant, je me voyais dépérir lorsque je me regardais dans le miroir. Lorsque j'avais encore la force de voir mon propre reflet. Je me dégoûtais jusqu'à il y a peu. A force de m'entendre dire que c'est moi le responsable dans cette histoire, j'avais fini par le prendre pour vérité. Je me voyais comme un salaud, un égoïste, un incapable et j'en passe. Je me laissais aller, porté par les bras du dégoût envers moi-même. Mes cheveux en bataille (je veux dire encore plus que d'habitude), et mon don de métamorphomage qui renvoyait l'idée de l'homme que j'étais à l'intérieur de moi : tel un fantôme. Mon teint blanc aurait presque fait jalouser les fantômes de Poudlard. Je n'étais qu'une ombre parmi les hommes, une poussière dans ces grands murs.

A force de vous reclure dans un coin, d'être ainsi isolé des contacts humains, le peu qu'il vous arrive d'avoir n'est pas des plus joyeux. Parfois, le soir, lorsque j'étais seul dans mes draps froids, je repensais au peu de mots que j'avais décrochés dans la journée. Et je me rendais compte qu'ils n'étaient pas du tout amicaux. Au contraire même. Il m'était courant d'envoyer salement balader des gosses me demandant un truc, et peu importe qui ils étaient. Sang-pur, nés-moldus, n'importe quelle maison, ils étaient tous logés à la même enseigne. Je me disais parfois que ce n'était pas moi, que je n'étais pas ce gars mal-élevé, et que ce n'était certainement pas comme ça que j'allais récupérer Abigail. Et puis, je me suis dit qu'elle était déjà partie. Alors, à quoi bon s’efforcer d'être un gentil petit garçon ? Je n'étais plus ce gentil petit Poufsouffle qui amusait la galerie. Me voilà, le blaireau à dents de sabre qui joue de mauvais tours à tous.

Il n'y a rien de tel que la faiblesse des gens pour s'amuser un peu. Lancer une boule puante dans les cheveux de madame « je me suis cassée un ongle », faire pousser des furoncles sur le visage des gros lards, couper les cheveux de celles qui les ont longs, envahir la serre de botanique de grenouille mangeant tout sur leur passage, lâcher des lutins de Cornouailles dans la salle de potion, ouvrir l'armoire de l'épouventard face à un premier année apeuré, et tellement d'autres choses plus drôles encore. Lors de mes temps libres, on me trouvait soit à jeter des sorts à des innocents (c'est toujours plus drôle!), soit à lire des livres de magie noire à la bibliothèque. Seulement, lire les rares livres parlant de cette magie dangereuse dans les étagères à disposition des élèves, ça ne m'en apprend pas grand chose. Alors voilà que maintenant, le soir, je devais entrer par effraction dans la bibliothèque interdite pour y trouver quelques ouvrages plus ou moins anciens. Ce qu'il ne faut pas faire pour s'informer, vraiment !

Jours après jours, j'utilisais des sorts plus puissants. Plus dangereux. Plus amusants. Je surveillais mes arrières, et trouvais toujours une ruse pour échapper aux professeurs. J'inspirais la peur autour de moi. Les gens détournaient le regard en me croisant. S'éloignaient de moi dans les couloirs. Et j'aime ça. J'aime être le dirigent de leur peur. Pouvoir leur faire courber l'échine d'un simple mot. Leur faire baisser le regard d'un simple coup d’œil. Il n'en fallut pas plus à quelques mangemorts en herbe viennent me recruter dans leurs rangs. Ils me promirent gloire, richesse, pouvoir. Je ne pouvais refuser.

Détruire. Je n'aspirais plus qu'à ça. Je me délectais de la souffrance des autres. Etais-je heureux ? Je ne le sais pas. Ce qui est sur, c'est que j'ai réussi à apprendre à vivre avec ma peine, à me nourrir de ma colère. Cette haine que j'ai gardé en moi envers Abigail c'est retournée sur tout le monde, et en particulier les gryffondors. Ces petits lionceaux qui se croient courageux et honnêtes, qui se vantent à tout va de leurs couleurs, que je les déteste. Je crois qu'ils souffrent encore plus de mon courroux que tout autre maison. S'ils ont le malheur de me regarder de travers, il ne faut pas longtemps avant qu'ils le regrettent. Parfois, dans les jours ou je suis d'une meilleure humeur, il arrive que seulement un ou deux lions se prennent une farce bien placée. Car oui, il arrive que je sois d'une humeur moins massacrante (ouais, bon, c'est pas la fête non plus!). Il suffit qu'une fille m'accorde un peu de bon temps, et ça va tout de suite mieux. Quoi ? Il est bien connu qu'une charmante compagnie résout bien des problèmes ! Ou du moins, elle nous évite d'y penser pendant un moment.

Désormais, le soir, lorsque je suis allongé dans mon lit et que je pose mon regard sur mon bras, j'imagine ce serpent tatoué me sourire. Et alors, un rictus diabolique s'installe sur mes lèvres. Je regarde vers le plafond, et me dis que tout cela n'est pas vain. J'aurais ma revanche. Et même plus que cela, je mettrai la fille qui m'a brisé dans mon lit. De force je l'espère, je n'aimerais pas lui rendre la tâche trop simple non plus. La folie qui s’imprègne peu à peu de mon corps me ronge de l'intérieur. Mon teint est plus blafard que jamais, mes yeux cernés d'un rouge pale inquiétant. Souvent, la nuit, je me réveille, une boule au ventre, et me mets à pleurer. C'est cette nostalgie des temps passés qui me prend aux tripes et me fait chialer comme une gonzesse. Mais qu'importe. Personne n'est là pour voir ça. N'est ce pas ?

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you were, you are and you'll always be the only one
Mer 22 Avr - 22:19
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